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Settefrati

Union du bénéfice de Sainte-Marie de Canneto et de son église au séminaire de Sora (1569)

Le 15 juillet 1563, avec le décret “Cun adolescentum”, le concile de Trente avait décrété que les cathédrales, les métropoles et les autres grandes Églises, en fonction des moyens et de la taille du diocèse, devaient éduquer religieusement et instruire dans les disciplines ecclésiastiques un certain nombre d'enfants dans un “collège”, situé dans les mêmes églises ou dans un autre lieu approprié.

Ces enfants devaient être âgés d'au moins 12 ans, être de naissance légitime, savoir suffisamment lire et écrire et présenter des signes de vocation ecclésiastique, à commencer par certaines qualités humaines irremplaçables, telles que la docilité de caractère et la bonne volonté.

Le principe de base qui a inspiré aux Pères tridentins la fondation de ces “collèges” ou séminaires diocésains est énoncé au tout début du décret susmentionné : “L'âge des adolescents, s'il n'est pas correctement éduqué, est enclin à suivre les plaisirs du monde, et s'il n'est pas instruit dès ses premières années dans la piété et la religion, avant que les vices ne s'emparent de l'homme tout entier, il ne pourra jamais [...], sans une aide presque singulière du Tout-Puissant, persévérer dans la discipline ecclésiastique”.

L'importance de la juridiction des évêques de Sora sur l'église de S. Maria di Canneto à Settefrati

Des paroles sages et clairvoyantes, que les parents, les enseignants et les prêtres devraient toujours garder à l'esprit pour ne pas rendre vaine leur action éducative et formatrice. L'évêque de Sora de l'époque, Monseigneur Gigli, qui avait participé à la troisième et dernière phase de la grande assemblée, pensa immédiatement, à son retour à Sora, à doter son diocèse d'un collège-séminaire. Le 7 juin 1565, à peine un an et demi après la conclusion du Concile, le pieux institut était déjà fondé. L'évêque lui-même met à la disposition des premiers élèves une aile du palais épiscopal comme siège provisoire.

Cependant, comme le pensionnat-séminaire, selon le Tridentin, devait être ouvert avant tout aux “enfants des pauvres, sans exclure ceux des riches, pourvu toutefois qu'ils soient entretenus à leurs frais...”, le problème le plus urgent pour Mgr Gigli était de trouver les moyens financiers nécessaires pour soutenir les élèves, payer les professeurs et les concierges et, à l'avenir, construire une nouvelle résidence plus adaptée et plus sensible aux besoins des adolescents.

Pour répondre aux besoins susmentionnés, le sacro-saint synode avait accordé aux évêques de larges facultés sur tous les revenus et produits des organismes ecclésiastiques, des institutions, y compris celles qui sont régulières et exemptes, et des bénéfices. Dans le diocèse de Sora, l'évêque Gigli, profitant de ces facultés, réunit au nouveau collège-séminaire les bénéfices vacants suivants, dans l'ordre chronologique et géographique :

Le 7 juin 1565, les bénéfices de Sainte-Lucie et de Sainte-Marie dans le territoire de Schiavi (Fontechiari) sont annexés à l'église de Saint-Barthélemy, située dans le palais du marquis de cette ville. Le 28 août et le 22 novembre de la même année, les bénéfices de S. Cristoforo et S. Matteo à S. Donato V.C., ceux de S. Angelo à Campoli, S. Maria à Vicalvi et S. Onofrio à Alvito furent unis.

Le 8 juin 1569, Monseigneur Gigli, par un acte public rédigé par le notaire Giovanni Battista de Baiozzi de Frosinone, unit au pieux institut le grand bénéfice de l'église de S. Maria di Canneto à Settefrati, qui passe ainsi des dépendances de l'abbaye de Montecassino à la juridiction des évêques de Sora.

Cet événement constitua pour l'ancien temple marial un véritable tournant historique dans son histoire déjà séculaire, puisque l'église alpine de Marie, confiée désormais au clergé diocésain et local, c'est-à-dire de Settefrati, plus directement intéressé et impliqué dans les événements de Canneto, s'ouvrit à de plus grandes possibilités de développement, tant au niveau des structures murales que de la vie religieuse.
C'est d'ailleurs ce qui s'est passé au cours des siècles suivants et jusqu'à aujourd'hui. La rénovation générale du sanctuaire et le pèlerinage grandiose d'aujourd'hui en sont la preuve la plus claire et la plus significative.
Mais celle du 8 juin 1569, plus qu'un passage de la juridiction monastique à la juridiction épiscopale, fut un retour au diocèse de Sora, après presque trois siècles que l'abbaye de Canneto avait été l'une des prévôtés de Monte Cassino, c'est-à-dire depuis ce fatidique 13 décembre 1288, lorsque le collège des clercs résidant et travaillant dans cette église, qui dépendait jusqu'alors directement des évêques de Sora, obtint du pape Nicolas IV la concession de la règle bénédictine à observer dans cette communauté, devenant ainsi une obédience ou une cellule de l'abbaye de Cassino.

Dès lors, l'église Sainte-Marie de Canneto resta confiée au séminaire diocésain de Sora avec l'obligation de l'entretenir et de la doter du mobilier nécessaire, tandis que le recteur de l'institut pieux devenait également recteur du sanctuaire. Cette dépendance dura quatre siècles jusqu'en 1972, lorsque l'évêque de Sora, Monseigneur Minchiatti, prit la décision de séparer les deux charges, permettant ainsi aux deux institutions pieuses, le séminaire et le sanctuaire, de suivre chacune leur propre voie.

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